Entretien avec Jonathan Djob Nkondo

Jonathan, peux-tu nous présenter cette Errance ? Quelle est l’origine de cette idée ?
Elle se place dans la continuité des courts-métrages et bandes dessinées que j’avais faites auparavant (Futur sauvage et Futur sauvage : Virus ZZ). Je souhaitais rajouter un chapitre un peu différent ; raconter une histoire sans vraiment en raconter une mais en exploitant ce même univers. J’avais déjà le visuel en tête : une sorte de cité très dense comme la citadelle de Kowloon et son « toit » vide de population. Il ne me restait plus qu’à trouver des personnages sur lesquels se pencher.

Photo de la citadelle de Kowloon

De mon point de vue, la solitude est un thème qui traverse ton livre. Est-ce un sujet que tu souhaitais aborder depuis longtemps ?
Oui clairement. Je pense que c’est un sujet que j’aborde très souvent en fait. Je crois que c’est quelque chose qui effraie pas mal de gens, mais j’y trouve du réconfort. Pour moi, c’est presque un fantasme de pouvoir se retrouver seul et de ne rien avoir à foutre de sa journée.

En plus de la solitude, l’antagonisme des deux mondes et des deux personnages fonde ton récit. Peux-tu nous en dire davantage ?
Je trouvais ça intéressant de mettre en évidence deux types de solitudes imposées par deux espaces radicalement différents. Cela dit, je ne sais pas si les deux personnages sont si  différents l’un de l’autre. Ils se sont surtout adaptés à leurs environnements respectifs sans complaintes. Ils ont des envies et des besoins qui leur sont propres, mais ils ne sont en fait pas si opposés que ça à mes yeux.

Case extraite de l’ouvrage Errance

Dans ton dessin, tu joues des représentations des architectures et des paysages, qui semblent se confondre. De quoi naît ce jeu ? Y a-t-il des lieux qui ont nourri ton observation ?
Ça doit naître d’un conflit interne. J’aime les choses simples et épurées graphiquement, mais je suis aussi attiré par des images plus chaotiques, complexes et sophistiquées. La citadelle de Kowloon, comme je l’ai citée un peu plus tôt m’a sans doute inspirée un peu.

Case extraite de l’ouvrage Errance

Suite à nos échanges, tu m’as expliqué que tu pratiquais le graffiti, mais, au quotidien, tu travailles dans l’animation. Quel est le support que tu préfères ? Comment chacun nourri l’autre selon toi ?
Je n’ai pas vraiment de préférence. Quand l’animation me fatigue, je fais du graff ou de l’illustration et vice versa. En fin de compte, ce ne sont que des formes d’exutoire.

Quelle question aimerais-tu poser à l’un des autres auteurs ?
J’aimerais poser une question à Paul. Quel est ce sentiment commun qui pousse tous ces gens à dévisager Rose? Serait-ce de la peur, du mépris… ? Merci!

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